Avec les années, beaucoup de personnes entendent moins bien, sans toujours savoir pourquoi.
Est-ce la presbyacousie, c’est-à-dire la baisse d’audition liée à l’âge, ou un autre problème ?
Dans cet article, vous découvrez les signes du quotidien qui la signalent, à partir de quel âge ils apparaissent, et quand consulter et vers quel professionnel vous tourner.
Quand faut-il consulter ?
Si vous remarquez une gêne auditive qui dure, ou si un proche vous le fait remarquer, il faut consulter. Ce n’est pas une fatalité à subir en silence : on cherche toujours la cause.
Commencez par votre médecin généraliste. Il évalue la gêne, regarde les problèmes de santé qui peuvent jouer, et vous oriente vers un ORL, le médecin de l’oreille, qui cherche la cause et confirme avec des tests.
Certains signes ne peuvent pas attendre un bilan de routine. Dans ces cas, demandez un avis ORL sans tarder :
- Une baisse d’audition brutale, ou qui va et vient.
- Une baisse qui touche surtout une oreille, ou qui est inégale entre les deux.
- Des vertiges ou un déséquilibre qui accompagnent la baisse d’audition.
- Un acouphène d’un seul côté, qui bat au rythme du pouls ou qui change avec le temps.
- Une hyperacousie, c’est-à-dire des bruits du quotidien devenus pénibles.
- Un écoulement ou un saignement de l’oreille qui dure, ou un tympan perforé.
Qu’est-ce que la presbyacousie ?
La presbyacousie est une baisse de l’audition liée à l’âge. Elle apparaît en général à partir de 50 ans, puis elle s’aggrave petit à petit avec les années.
Elle touche les deux oreilles de la même façon. Si une seule oreille baisse nettement, la presbyacousie est donc moins probable, et un avis ORL reste utile. Enfin, la perte ne revient pas en arrière : elle est irréversible.

Les sons aigus sont les premiers touchés. La cochlée, dans l’oreille interne, transforme les vibrations en signaux nerveux, puis le nerf auditif les envoie au cerveau. Pour voir ce trajet, lisez la page sur le fonctionnement de l’audition.
Avec le temps, l’atteinte gagne les fréquences intermédiaires, celles de la voix. Dans le calme, comprendre la parole devient difficile. Donc le volume ne règle rien : parler plus fort n’aide pas si les consonnes, plus aiguës, ne passent plus.
Pourquoi survient la presbyacousie ?
Presbyacousie mécanique
Le vieillissement reste la cause principale de la presbyacousie. D’autres facteurs, comme les traumatismes sonores, peuvent aussi influencer la perte auditive.
La forme mécanique touche la membrane basilaire, située dans la cochlée, l’organe de l’oreille interne qui capte les sons. Avec l’âge, elle perd de sa souplesse, donc son mouvement devient moins précis.
Presbyacousie sensorielle
La presbyacousie sensorielle touche les cellules ciliées de la cochlée. Ce sont elles qui captent les sons. Quand elles s’abîment, c’est surtout la perception des sons aigus qui baisse.
Certains médicaments peuvent aussi les abîmer, comme la gentamicine, un antibiotique, ou le cisplatine, un anticancéreux. Le furosémide, un diurétique, peut aussi toucher l’oreille. Si on vous en prescrit, signalez tout trouble auditif à votre médecin.
Presbyacousie nerveuse
Dans la presbyacousie nerveuse, ce sont les neurones de la cochlée qui disparaissent peu à peu. Ces neurones transmettent les sons au cerveau. Moins il y en a, moins le cerveau reçoit d’informations précises.
Résultat : vous entendez qu’on parle, mais « pain » et « bain » se ressemblent. Les mots deviennent flous, alors que le son, lui, reste perçu.
Presbyacousie métabolique
Certains facteurs peuvent faire apparaître la baisse plus tôt que l’âge seul, et les formes de presbyacousie se combinent souvent :
- Le diabète, l’hypertension et le tabagisme peuvent accompagner une perte auditive précoce.
- La presbyacousie métabolique touche la strie vasculaire, une petite structure de la cochlée qui aide cet organe à fonctionner. Quand elle est atteinte, la baisse peut toucher plusieurs fréquences à la fois.
- Une même personne peut donc avoir une atteinte métabolique et une atteinte sensorielle ou nerveuse en même temps.
Comment ça se manifeste
Le signe le plus fréquent apparaît dans le bruit. Vous suivez bien une discussion à deux, mais dès que la télévision, la cuisine ou plusieurs voix se mêlent, vous perdez le fil. C’est souvent le premier indice.
Au début, le calme reste plutôt facile à comprendre. Mais si la baisse touche aussi les fréquences intermédiaires, les mots deviennent flous, même sans bruit de fond. Dans ce cas, il vaut mieux ne pas attendre.
Les sons aigus passent souvent en premier. Une voix de femme ou les sonneries s’entendent moins bien, et beaucoup de personnes ont alors l’impression que les autres marmonnent.
Vous demandez souvent de répéter, vous suivez mal un spectacle, vous montez le son de la télé ? Sans prise en charge, ces gênes peuvent isoler et mener à un état dépressif.
Comment le diagnostic est posé
Le médecin ORL regarde d’abord le conduit auditif et le tympan, avec un petit otoscope. Il cherche une otite ou un bouchon d’oreille douloureux, car ces causes se traitent et peuvent faire baisser l’audition.
Puis viennent deux tests. L’audiométrie tonale mesure les sons les plus faibles entendus à chaque fréquence.
L’audiométrie vocale mesure la compréhension des mots. Si ces tests ne montrent pas la gêne ressentie, on teste aussi la compréhension dans le bruit.
Le bilan d’appareillage est fait par l’audioprothésiste : tests auditifs, évaluation de vos besoins et vérification que vous savez manipuler l’appareil. L’appareil peut être prescrit par un ORL ou par un médecin généraliste ayant validé une formation en otologie médicale.
Un essai d’au moins un mois vient ensuite, pour voir si l’appareil vous aide. Plusieurs séances de réglage peuvent suivre. Des contrôles ont lieu à 3, 6 et 12 mois, et le médecin prescripteur suit l’évolution de la perte.
Quel niveau de perte est considéré comme grave ?
Sur un audiogramme, la perte se lit en décibels (dB). Une audition normale atteint 20 dB ou moins dans les deux oreilles : au-delà, il y a une perte.

Au-delà de 70 dB, la surdité est sévère et demande un avis ORL sans attendre. En dessous, une perte peut gêner beaucoup : si vous ne suivez plus une discussion à plusieurs, le retentissement compte autant que le chiffre.
Pour savoir si un appareillage est possible, on vérifie ces seuils et ces tests :
- Une perte tonale moyenne supérieure à 30 dB.
- Une intelligibilité dans le silence supérieure à 30 dB, soit des mots mal compris sans aucun bruit.
- Une intelligibilité dans le bruit supérieure de plus de 3 dB à la norme.
- Le questionnaire HHIE-S, dix questions qui notent la gêne au quotidien.
- Le test Höra, qui demande de répéter des chiffres dits dans le bruit.
Retenez l’essentiel : une baisse d’audition qui dure, surtout après 50 ans, se fait examiner. Si elle touche une seule oreille ou s’accompagne de vertiges, n’attendez pas.
Votre prochain pas : prenez rendez-vous avec votre médecin généraliste et décrivez-lui les situations où vous entendez moins bien. Il vous orientera vers un ORL.




