Vous entendez le bourdonnement d’un frigo, une voix dans la pièce d’à côté et le bruit d’une porte, sans y penser. Pourtant, votre oreille ne capte pas tous les sons possibles.
Jusqu’où va vraiment votre audition, et à partir de quel niveau un son devient-il dangereux ?
Cet article vous explique les limites de votre champ auditif en hertz et en décibels, puis pourquoi elles changent d’une personne à l’autre et avec l’âge.
Le champ auditif humain est l’ensemble des sons qu’une personne perçoit
Le champ auditif est la zone entre deux limites. La plus basse est le seuil d’audition : le niveau le plus faible que vous entendez dans le silence. La plus haute est le seuil d’inconfort, au-delà duquel le son devient gênant.
Ces limites changent avec la fréquence. Votre oreille est plus sensible aux sons moyens qu’aux sons très graves ou très aigus. Résultat : une basse paraît plus faible qu’un son moyen de même niveau.
Sur un graphique du champ auditif, les fréquences en hertz se lisent sur l’axe horizontal, et le niveau en décibels SPL sur l’axe vertical. Les deux courbes montrent le seuil d’audition et le seuil d’inconfort.
Ce graphique présente une zone type.
Le seuil d’inconfort varie d’une personne à l’autre : il est souvent proche de 120 dB SPL entre 500 et 8 000 Hz, mais pas chez tout le monde.
Chacun a donc sa propre zone auditive.
Pour connaître vos limites, vous pouvez préparer un test auditif en ligne et savoir quand consulter.
Les fréquences audibles vont des graves aux aigus dans des limites usuelles
La plage de référence de l’audition humaine va d’environ 20 Hz à 20 kHz chez une personne jeune et en bonne santé. Le hertz (Hz) indique la hauteur d’un son : plus il est élevé, plus le son est aigu.
Un son sous 20 Hz s’appelle un infrason, et un son au-dessus de 20 kHz un ultrason. Vous ne les entendez pas, même s’ils existent. Donc un silence ne prouve pas l’absence de son.
Pour comprendre pourquoi deux personnes n’entendent pas la même chose, retenez trois points, détaillés dans le fonctionnement de l’audition :
- La parole de tous les jours mobilise surtout les fréquences entre 500 et 2 000 Hz.
- Les limites de 20 Hz et 20 kHz sont des repères, pas des seuils identiques pour tout le monde : l’âge et les différences entre personnes changent les fréquences que l’on entend.
- Entendre un son ne veut pas dire le percevoir aussi bien que les autres. Un son très grave ou très aigu doit souvent être plus fort qu’un son moyen pour être perçu.
Les décibels mesurent la force d’un son, sans dire sa hauteur
Le hertz (Hz) indique la hauteur d’un son : un son grave en a peu, un son aigu beaucoup. C’est ce qui distingue une basse d’un cri.
Le décibel (dB) mesure la force du son, c’est-à-dire la pression acoustique qu’il produit. Il ne dit rien de sa hauteur : un bourdon grave et un sifflet aigu peuvent avoir le même niveau.
L’échelle va de 0 dB, à peine audible, à 120 dB, un niveau très fort qui peut faire mal. Pour le risque, regardez donc les décibels : un son fort abîme l’oreille, qu’il soit grave ou aigu.
Pour dire la force d’un son en décibels, on utilise deux échelles qui ne se lisent pas de la même façon.
| Critère | dB SPL | dB(A) |
|---|---|---|
| Ce qui est mesuré | La pression du son, sans correction | La pression, corrigée selon la sensibilité de l’oreille aux fréquences |
| À quoi ça sert | Mesurer un son de façon brute, par exemple pour les seuils d’audition | Décrire le bruit perçu dans l’environnement |
| Exemple | Seuil d’une personne normo-entendante : 10 dB SPL à 500 Hz, 0 dB SPL à 2 000 Hz, 20 dB SPL à 8 000 Hz | Une conversation habituelle : environ 50 dB(A) |
Le bruit devient dangereux quand niveau et durée se cumulent
Le niveau ne suffit pas à juger un bruit. Ce qui compte aussi, c’est le temps passé dedans. Au travail, 80 dB(A) pendant 8 heures équivaut à 83 dB(A) pendant 4 heures.

Chaque hausse de 3 dB divise par deux le temps sans risque. À 86 dB(A), la durée équivalente tombe à 2 heures, et à 92 dB(A), à 30 minutes.
Si le bruit est fort, réduisez la durée d’exposition ou portez une protection auditive.
Après un bruit fort, surveillez ces signes de fatigue auditive, et si vos oreilles restent gênées, faites un test auditif en ligne pour faire le point :
- Une audition cotonneuse, comme si vos oreilles étaient bouchées, après une discothèque ou l’usage d’un baladeur à fort volume.
- Des sons qui paraissent plus faibles que d’habitude, ou des conversations qui deviennent difficiles à suivre dans le bruit.
- Un sifflement ou un bourdonnement qui persiste après être sorti du bruit.
- Si ces signes ne disparaissent pas au bout de quelques jours, consultez un ORL, le médecin spécialiste de l’oreille.
Avec l’âge et selon les personnes, les limites du champ auditif se déplacent
La presbyacousie est la baisse de l’audition liée à l’âge. Elle touche d’abord les sons aigus, comme une sonnerie ou le chant d’un oiseau. Elle apparaît en général à partir de 50 ans.
Elle s’installe petit à petit, sans douleur, et elle est irréversible. Comme elle touche les deux oreilles de la même façon, on ne la remarque pas toujours au début.
Deux personnes du même âge n’entendent pas forcément de la même façon. L’âge n’est pas le seul facteur : la génétique, les bruits trop forts, certaines maladies de l’oreille, les risques cardiovasculaires ou certains médicaments peuvent aussi réduire le champ auditif.
À partir de 60 ans, un dépistage est recommandé. Entre 55 et 60 ans, il peut déjà être utile. Un bilan auditif permet de mesurer où en est votre audition, et pas besoin d’attendre d’entendre moins bien pour le faire.
L’audiogramme mesure des seuils auditifs, et non toute la plage
Un audiogramme ne montre pas toute la plage auditive. Il indique, pour quelques fréquences testées une à une, le niveau sonore le plus faible que vous entendez : c’est le seuil. Ces fréquences vont couramment de 125 à 8 192 Hz.
Le seuil se lit en dB HL, une mesure d’écart avec des adultes jeunes à l’audition normale. Plus le point est bas, plus le son doit être fort pour être entendu.
Regardez chaque fréquence à part. Un point bas du côté des aigus signifie que ces sons passent mal, même si les graves restent bien perçus.
Un audiogramme ne décide pas seul d’un appareillage. Le premier critère est une perte de plus de 30 dB dans les aigus, à partir de 2 000 Hz.
Il faut aussi que les mots soient mal compris dans le silence, avec un seuil d’intelligibilité au-dessus de 30 dB. Si les deux conditions sont réunies, un appareillage devient envisageable.
Pour connaître vos propres limites, l’audiogramme reste l’outil fiable. Faites un bilan auditif gratuit pour le mesurer, puis parlez-en à un professionnel.
Retenez l’essentiel : votre audition a des limites, et elles varient d’une personne à l’autre. Le hertz indique la hauteur d’un son, le décibel sa force. Pour le risque, ce sont le niveau et la durée d’exposition qui comptent.
Si vous avez un doute sur vos oreilles, faites d’abord un bilan auditif, puis parlez-en à un professionnel.





