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Appareil auditif après un décès : donner ou réutiliser

Appareil auditif posé sur une table en bois, près d'une photo souvenir, d'une bougie allumée et de fleurs blanches.

Sur la table de nuit, l’étui reste là, et vous n’osez pas l’ouvrir. Après le décès d’un proche, on hésite entre garder l’appareil auditif, le donner ou le vendre.

Voici ce qui peut encore servir, ce qui se donne et les pièges à éviter.

Donner l’appareil : la voie solidaire la plus directe

Après un décès, un appareil auditif ne doit pas finir dans un tiroir. En France, AuditionSolidarité récupère les aides auditives usagées. Elle les remet en état et les réadapte pour des personnes malentendantes en grande précarité.

Déposer l’appareil tel quel ne suffit pas. Le don passe par un vrai parcours : tri, contrôles techniques, remise en état, réglages, puis adaptation au futur porteur. C’est ce qui rend le geste utile.

Concrètement, ce don peut profiter à plusieurs publics :

  • des adultes en France sans couverture sociale ou bénéficiaires de l’Aide médicale de l’État
  • des enfants sourds ou malentendants accompagnés lors de missions humanitaires à l’étranger
  • des personnes qui ont besoin d’un appareillage mais ne peuvent pas passer par le parcours classique

Remise en état et réadaptation : ce qui se passe après le dépôt

L’association accepte notamment les appareils contours d’oreille, ainsi que les modèles RITE ou RIC. Dans ces modèles, le récepteur se loge dans le conduit auditif. Les appareils intra-auriculaires très spécifiques peuvent suivre un autre circuit, selon leur état et les possibilités techniques.

Des mains gantées assemblent un appareil auditif au-dessus d’un établi couvert d’outils et de petites pièces.
Un tri préalable permet de distinguer les appareils réparables de ceux qui ne peuvent pas être redistribués.

À l’atelier, chaque appareil est trié avant toute intervention. Les professionnels contrôlent ce qui peut être récupéré. Ils nettoient l’appareil, remplacent les pièces nécessaires et testent le fonctionnement.

Un vieil appareil ne convient pas automatiquement à une nouvelle personne. Son réglage dépend de la perte auditive, de la forme de l’oreille, de la dextérité de la personne et de ses habitudes.

Don solidaire ou don direct : pourquoi préférer un professionnel

Le don solidaire est souvent la voie la plus simple pour une famille. Vous n’avez pas à chercher quelqu’un dont la perte auditive correspond à celle du défunt. L’association ou le professionnel se charge des contrôles et de l’adaptation au futur porteur.

Un don direct entre particuliers peut vite coincer :

  • l’appareil est peut-être programmé pour une autre perte auditive ;
  • l’embout risque d’être trop grand, trop petit ou mal adapté ;
  • le modèle peut être prévu pour l’oreille droite alors que le besoin concerne la gauche ;
  • le bénéficiaire peut avoir besoin de deux appareils différents ;
  • la puissance peut être insuffisante ou, au contraire, trop élevée ;
  • l’appareil peut nécessiter une réparation avant tout essai.

En confiant le don à une association solidaire, vous laissez les professionnels contrôler l’appareil et le remettre en état. Ils vérifient ensuite s’il peut être adapté à un futur porteur.

Joignez tout de même les informations utiles : marque, modèle, date approximative d’achat, type de piles ou présence d’un chargeur.

Réutiliser l’appareil par un proche exige un nouvel appareillage

Le bilan auditif vient avant toute réutilisation

Un appareil auditif démonté, des embouts et de petites pièces sont disposés à côté de son boîtier de recharge ouvert.
L’état des composants compte, mais la perte auditive du futur utilisateur déterminera aussi l’adaptation possible.

Un proche peut parfois réutiliser l’aide auditive. Mais il doit d’abord faire évaluer son audition. Ce bilan mesure la perte. Il vérifie aussi qu’une amplification est vraiment la bonne réponse.

En France, la délivrance d’une aide auditive exige une prescription médicale. Elle suit un examen otologique et un bilan audiométrique tonal et vocal. L’audiométrie mesure les sons perçus selon leur fréquence et leur intensité.

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Le médecin cherche aussi une cause qui demande un traitement. Il peut s’agir d’un bouchon de cérumen, d’une infection ou d’une atteinte de l’oreille. Un appareil ne corrige pas toutes les baisses d’audition.

Avant de transmettre un appareil auditif, cochez ces points
Quelques vérifications à faire avant de donner, réutiliser ou revendre l’appareil d’un proche décédé.

L’association et l’audioprothésiste demandent ces éléments pour évaluer l’appareil.

Une pile oubliée peut couler et abîmer les contacts.

Ces informations orientent le contrôle et la compatibilité.

Si oui, un bilan auditif et une prescription médicale sont nécessaires avant tout essai.

L’humidité peut atteindre les microphones, l’écouteur et les circuits électroniques.

Il peut dire si le dossier de l’appareil doit être désenregistré et si une reprise est possible.

Le don passe par un contrôle professionnel, ce qui évite les problèmes de réglage et d’embout.

Le bilan s’intéresse à plusieurs points :

  • les sons que la personne entend ou n’entend plus
  • la compréhension de la parole, avec ou sans bruit ambiant
  • les difficultés au quotidien, à la maison, au téléphone ou pendant les conversations
  • la capacité à manipuler, nettoyer et recharger l’appareil
  • la présence éventuelle d’acouphènes ou d’une gêne face aux sons forts

L’audioprothésiste vérifie la compatibilité

Il commence par identifier l’appareil. Il relève la marque, le modèle, le numéro de série, la puissance, le type d’écouteur et la date de première mise en service. Ces éléments orientent les possibilités de réutilisation.

Il examine ensuite l’état extérieur et intérieur de l’aide auditive, en particulier :

  • le boîtier et les boutons
  • le compartiment à piles
  • les contacts de recharge
  • les tubes, dômes, embouts et filtres
  • la batterie lorsqu’elle est intégrée
  • la connexion éventuelle avec un téléphone ou un accessoire

Un appareil contour avec embout sur mesure demande souvent un nouvel embout. Celui du défunt ne correspond pas forcément à votre conduit. Même si vous avez une morphologie proche, ce n’est pas garanti.

L’essai sert à vérifier le confort, la compréhension et la tolérance. Dans le parcours classique, l’aide choisie fait l’objet d’un essai d’au moins 30 jours. Des séances d’adaptation l’accompagnent.

Démarches et coût

L’audioprothésiste peut accepter de contrôler un appareil déjà acheté. Il peut proposer une réadaptation ou vous orienter vers une solution neuve. Cela arrive si le modèle est trop ancien, trop abîmé ou incompatible. Tout dépend du professionnel et de l’état de l’appareil.

Avant toute intervention, demandez précisément ce qui sera facturé :

  • l’identification et le contrôle de l’appareil
  • le nettoyage ou la remise en fonctionnement
  • le remplacement d’un tube, d’un filtre ou d’un écouteur

Une aide auditive récupérée après un décès ne devient pas gratuite pour autant. Dans le parcours solidaire, les personnes qui répondent aux critères de l’association peuvent recevoir un appareillage gratuit. Pour un proche, la réutilisation suit un parcours distinct, avec un bilan, une prescription et des vérifications.

Si l’appareil doit être remplacé, vous pouvez regarder les offres actuelles. Les aides de classe 1 font partie du panier 100 % Santé, avec un prix plafonné à 1 400 € par oreille. Elles sont prises en charge intégralement quand l’Assurance maladie et la complémentaire interviennent.

Le reconditionnement et la revente suivent un cadre réglementé

La remise en bon état d’usage

Un homme équipé d’une aide auditive examine un petit mécanisme avec une pince dans un atelier, entouré d’outils de précision et d’une loupe.
Une remise en état destinée à une nouvelle distribution implique davantage qu’un simple nettoyage ou un changement de piles.

Remettre un dispositif médical en état, ce n’est pas seulement le dépoussiérer. Il faut aussi changer les piles. Il faut surtout faire l’entretien et la maintenance, pour qu’un autre patient puisse le reprendre.

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L’appareil doit alors être accompagné de sa notice. Une durée de nouvel usage doit être fixée. Elle ne peut pas dépasser la durée de vie prévue par le fabricant.

Cette durée dépend du modèle et de son histoire. Un appareil resté des années dans un tiroir ou exposé à l’humidité dure souvent moins longtemps. Une batterie très usée réduit encore sa durée de service.

Le reconditionnement peut donc aboutir à trois issues :

  • l’appareil est assez fiable pour être réutilisé ;
  • certaines pièces servent à réparer un autre appareil ;
  • l’appareil est trop endommagé et part dans une filière de traitement des déchets électroniques.

Contrôles et vente

La mention « comme neuf » ne suffit pas. Pour une aide auditive, l’acheteur doit connaître la date de mise en service. Il doit aussi savoir dans quel état est la batterie, quels accessoires sont compatibles et quelles opérations ont été faites.

Reprise et valorisation

Avant de jeter l’appareil, demandez à l’audioprothésiste qui suivait le défunt. Il accepte peut-être les dons. Il travaille peut-être avec une association solidaire. Certains récupèrent les anciennes aides auditives pour les transmettre à AuditionSolidarité.

Le prix d’achat ne suffit pas à déterminer la valeur d’un appareil.

Elle dépend notamment :

  • de son état de fonctionnement ;
  • de l’âge de la batterie ;
  • de la compatibilité avec les logiciels actuels ;
  • de la possibilité de le nettoyer et de le réadapter.

Le don passe par un audioprothésiste solidaire ou par courrier

Envoi postal

Vous pouvez envoyer directement les appareils à AuditionSolidarité, 1 impasse des Mésanges, 40180 Yzosse. L’association demande d’indiquer votre adresse électronique dans le courrier. Ce courrier est à joindre au don.

Joignez une feuille avec :

  • votre nom et vos coordonnées ;
  • la mention « don d’appareils auditifs » ;
  • la présence éventuelle d’un chargeur, d’un étui ou d’accessoires ;
  • les problèmes connus, comme une panne, une batterie faible ou un appareil manquant.

Pour l’envoi, ne démontez pas l’appareil et ne grattez pas son numéro de série. Ne tentez pas de réparer vous-même le compartiment à piles ou la batterie rechargeable.

Si vous envoyez des piles à part, protégez leurs contacts. Cela évite un court-circuit. Demandez au point de collecte si elles doivent être retirées avant le dépôt.

Appareils acceptés

Des appareils auditifs, leur boîtier ouvert, des embouts, un câble, une brosse et un chiffon sont disposés devant une boîte en carton ouverte.
Envoyer la paire complète peut fournir des pièces utiles, même lorsque l’un des appareils semble hors service.

Envoyez les deux appareils dès qu’ils sont disponibles, même si un seul semble fonctionner. La paire peut contenir des pièces utiles pour en remettre un autre en état. L’association décide ensuite de leur destination.

Ajoutez aussi :

  • les embouts et dômes ;
  • les tubes ;
  • le chargeur.

Les appareils très sales, oxydés ou en panne peuvent tout de même être examinés. Le tri et la décision sur leur réparabilité se font dans le circuit de l’association.

Dépôt en point solidaire

Vous pouvez déposer l’appareil chez un audioprothésiste solidaire partenaire. Le réseau compte plus de 410 points solidaires en France et dans les territoires ultramarins.

Le dépôt en centre a un avantage pratique. Le professionnel identifie souvent vite le type d’appareil. Il vous indique aussi quels accessoires joindre. Il transmet ensuite les aides auditives à l’association.

Avant de vous déplacer, vérifiez l’adresse et les horaires. Le réseau évolue. Tous les cabinets d’audioprothèse ne participent pas à la collecte solidaire.

Un coup de téléphone suffit pour poser trois questions simples :

  • le centre collecte-t-il actuellement les appareils d’occasion ?
  • accepte-t-il les modèles rechargeables ou RIC ?
  • faut-il apporter les chargeurs et les embouts ?

Autres points de collecte

Certains professionnels de l’audition, associations spécialisées et services hospitaliers peuvent aussi vous orienter vers une collecte. Demandez le nom de la structure et la procédure prévue avant de remettre le matériel, car les points de collecte ne participent pas tous au même circuit.

Vous pouvez aussi demander conseil à l’audioprothésiste qui a délivré l’appareil. Il dispose parfois du dossier technique et connaît le modèle. Il peut vous dire si l’association accepte encore ce type d’aide.

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Vérifier l’état, le type et la destination avant de transmettre

État de l’appareil

Deux mains tiennent un appareil auditif gris et son embout transparent au-dessus d’une table.
Repérer les dommages visibles aide à décider de la prochaine démarche, sans tenter d’ouvrir l’appareil.

Observez l’appareil sans le démonter. Repérez les traces de choc, les fissures, l’oxydation, l’humidité, les boutons bloqués et les pièces manquantes.

Si l’aide auditive fonctionne encore, notez dans quelles conditions. Le son est-il faible, déformé ou intermittent ? Est-il différent d’une oreille à l’autre ? Ces détails aideront le professionnel à orienter le contrôle.

Pour un modèle à piles, retirez les piles usagées avant un stockage prolongé. Une pile oubliée peut couler et abîmer les contacts.

Pour un modèle rechargeable, ne forcez pas le branchement et n’ouvrez jamais la batterie. Si l’appareil chauffe, gonfle ou sent mauvais, isolez-le et signalez-le au professionnel avant de le transmettre.

Attention : ne nettoyez pas l’appareil à l’eau, à l’alcool ou avec un produit ménager. L’humidité peut atteindre les microphones, l’écouteur et les circuits électroniques.

Choisir le bon canal

Le dépôt chez un audioprothésiste solidaire convient si vous préférez une remise en main propre. Vous pouvez poser vos questions et confier les accessoires dans le même temps.

Si un proche veut tenter une réutilisation, commencez par prendre rendez-vous avec un médecin pour le bilan auditif et la prescription. L’audioprothésiste pourra ensuite vérifier la compatibilité de l’appareil.

La reprise ou la vente professionnelle peut convenir à un appareil récent et complet. Demandez une évaluation réelle plutôt que de fixer un prix d’après la facture d’origine.

Accessoires et entretien

Joignez la notice et la facture si vous les retrouvez. La facture indique la date d’achat, la garantie éventuelle et les références exactes.

Rangez les éléments ensemble dans un sachet identifié :

  • Appareil droit ;
  • Appareil gauche ;
  • Chargeur ;
  • Notice.

Ne remettez jamais en service une aide auditive retrouvée après plusieurs années sans contrôle. Cérumen, humidité, piles oxydées et usure de la batterie peuvent altérer son fonctionnement.

Éviter la transmission directe sans contrôle professionnel

Les risques d’un appareil mal adapté

Une aide trop puissante rend les sons agressifs. Un appareil trop faible, lui, donne l’impression qu’il ne sert à rien.

L’embout pose un autre problème. Mal ajusté, il peut siffler ou mal transmettre le son. Trop serré, il fait mal.

Une personne âgée qui manipule mal les petits boutons peut abandonner l’appareil. Le choix doit tenir compte de la vue, de la motricité, de la mémoire et de la capacité à recharger ou nettoyer l’aide.

Mettre un appareil sans examen préalable est une erreur. Une baisse d’audition peut venir d’un bouchon de cérumen. Elle peut aussi cacher un problème médical. Il faut alors une consultation, pas seulement une amplification.

La démarche sûre

La démarche la plus sûre suit un ordre simple :

  1. récupérez les deux appareils et leurs accessoires ;
  2. retirez les piles usagées ;
  3. notez la marque, le modèle et les problèmes constatés ;
  4. optez pour le don solidaire si aucun proche ne souhaite être appareillé ;
  5. prenez rendez-vous avec un médecin si un proche veut essayer l’appareil ;
  6. présentez l’aide auditive à un audioprothésiste ;
  7. ne commencez le port qu’après le bilan, les réglages et les explications nécessaires.

Pendant l’essai, la personne doit signaler les sons trop forts. Elle doit aussi signaler les sifflements, la douleur ou les irritations. Les vertiges et les difficultés à comprendre la parole comptent aussi.

Le suivi permet d’ajuster les réglages petit à petit. Une première mise en route ne suffit pas. Il faut des contrôles, des réglages et des explications pour bien s’en servir.

Un circuit conforme protège le nouveau porteur

Passer par un professionnel ou une association agréée garantit trois choses. L’appareil est contrôlé, remis aux normes d’usage et adapté à la personne qui le recevra.

C’est aussi ce qui protège le donateur d’une mauvaise surprise.

Ne laissez pas cet appareil dormir au fond d’un tiroir. Choisissez entre le don et la réutilisation, puis passez à l’action. Un appareil qui redonne de l’audition à quelqu’un vaut bien mieux qu’un souvenir enfermé.

Alexandre F
Alexandre a rapidement été frustré par l'opacité du marché traditionnel de l'audition. Passionné par les nouvelles technologies et convaincu que l'innovation doit servir le plus grand nombre, il a fondé We Audition sur un modèle de rupture : casser les prix sans sacrifier la qualité du suivi patient.

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